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Progresser grâce à la vidéo, au tennis comme au padel

·FYLD
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Un joueur amateur en pleine frappe de coup droit sur un terrain en terre battue.

Se revoir jouer ne fait pas progresser tout seul. C’est la promesse habituelle des solutions vidéo, et la recherche en apprentissage moteur raconte quelque chose de plus nuancé : le feedback vidéo produit des effets réels, mais ces effets dépendent du moment où le joueur regarde, de la quantité d’informations qu’on lui donne, et de ce qu’on lui montre. Une caméra qui tourne sans ces trois choix ne change rien à une séance.

Ce que la recherche mesure

Le sujet n’est pas neuf. Thierry Merian et Bernard Baumberger publiaient dès 2007, dans la revue STAPS, une étude sur le feedback vidéo en éducation physique scolaire et ses effets sur la performance selon le type de tâche travaillée.

Treize ans plus tard, Gilles Kermarrec et son équipe ont passé en revue onze travaux consacrés au feedback vidéo pour la formation à la prise de décision. Leur conclusion, publiée dans la même revue en 2020, tient en une phrase utile à tout entraîneur : ce qui distingue les protocoles efficaces des autres, ce n’est pas la présence de la vidéo, c’est la manière dont elle est utilisée, ce qu’on demande au joueur d’y chercher et ce qu’on en fait ensuite.

Une étude plus récente, parue en 2023 dans STAPS, va dans le même sens sur un autre terrain : en combinant observation d’un modèle vidéo et imagerie motrice sur le lancer-franc chez des collégiens, elle montre que le type de modèle présenté pèse sur le résultat. Montrer le geste parfait d’un professionnel n’est pas automatiquement le meilleur choix pour un débutant.

Les trois réglages qui font la différence

Le délai, d’abord. Un mémoire de recherche récent qui synthétise les travaux sur les feedbacks en apprentissage moteur relève que le feedback vidéo immédiat favorise davantage l’apprentissage que le feedback différé. En clair, la séquence se regarde pendant la séance, entre deux paniers, pas trois jours plus tard depuis le canapé.

La quantité ensuite. Plus d’informations ne veut pas dire plus d’apprentissage, particulièrement chez le débutant, où l’excès de consignes sature l’attention. Une séquence, une consigne, un mot-clé. Le joueur qui ressort du cours avec quatre choses à corriger n’en corrigera aucune.

Le modèle enfin. Se voir soi-même et voir quelqu’un d’autre ne produisent pas le même effet, et un modèle trop éloigné du niveau du joueur peut décourager plus qu’il n’enseigne. Un partenaire de club qui réussit le coup est souvent un meilleur repère qu’un joueur de circuit.

À quoi ça ressemble sur un terrain de club

Au tennis, la vidéo tranche les désaccords de perception. Un joueur croit accompagner son coup droit jusqu’au bout, l’image montre qu’il s’arrête à hauteur d’épaule. Le coach le répète depuis six mois, dix secondes de séquence mettent tout le monde d’accord.

Au padel, l’essentiel n’est pas dans le geste mais dans le placement : la position par rapport au partenaire, le moment où les deux joueurs reculent en même temps, les balles de vitre prises trop près. Rien de tout ça ne se raconte correctement à la fin d’un match. Ça se regarde, et c’est exactement le type de situation que la recherche sur la prise de décision étudie.

La contrainte pratique est toujours la même : il faut que la séquence existe. Un coach qui doit décider à l’avance ce qu’il filme, poser un téléphone et le récupérer, filme peu et filme mal. Quand le terrain enregistre la séance entière, la séquence est déjà là, et le seul travail restant est de la retrouver.

Ce que FYLD fait, et ce qu’il ne fait pas

La séance est filmée du début à la fin, la session part dans l’app, le coach marque les points intéressants au moment où ils se produisent et les retrouve après sans repasser une heure et demie de vidéo. Les joueurs revoient la session chez eux et peuvent la télécharger, une fois l’app installée. Au Tennis Club de Neuilly-en-Thelle, le coach s’en sert pendant les cours pour analyser les gestes, d’après son président Yann.

Ce que ça ne fait pas : la lecture. Aucun logiciel ne dit au joueur ce qu’il doit corriger, ni quel modèle lui montrer, ni quand s’arrêter. Le matériel produit la matière, les trois réglages plus haut restent le travail de l’entraîneur.

Avant de chiffrer quoi que ce soit, posez la question à votre coach : est-ce qu’il changerait quelque chose à sa séance si les images existaient ? S’il répond oui et qu’il sait déjà quoi, le prix par terrain est la question suivante. S’il répond non, aucune caméra ne fera progresser vos adhérents à sa place.