Pourquoi vos adhérents ne se réinscrivent pas
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En septembre, le bureau reprend la liste des inscriptions et la compare à celle de l’an dernier. Une dizaine de noms manquent, surtout du côté de l’école. Normal, ou signe qu’il se passe quelque chose ? La question se pose chaque saison et se referme aussi vite qu’elle s’ouvre, faute d’un chiffre auquel la comparer.
Ce que les courbes nationales ne mesurent pas
Le nombre de licences sportives en France est un mauvais point de comparaison, et les chiffres eux-mêmes expliquent pourquoi. Insee recense environ 8,8 millions de licences stables entre 2017 et 2019, une chute de 14 % entre 2019 et 2021 pendant la crise sanitaire, puis un rebond de 16 % entre 2021 et 2022 qui ramène le total au niveau de 2017. Cette courbe raconte un confinement suivi d’un rattrapage, pas un problème de fidélité. Une saison où un club regagne des adhérents ne dit donc rien de son fonctionnement si elle suit une saison où tout le monde en a perdu pour la même raison.
Le seul chiffre qui informe vraiment un club, c’est le sien, nom par nom, pas la moyenne nationale d’une année de rattrapage.
Où le décrochage se concentre vraiment
Une enquête Ipsos menée pour la Fédération française des clubs omnisports et le programme Kinder Joy of Moving, réalisée du 24 au 30 avril 2026 auprès de 700 parents d’enfants de 5 à 15 ans, situe le décrochage ailleurs que dans le calendrier ou le prix. 37 % des jeunes sportifs ont abandonné une discipline en cours d’année, et 72 % de ces abandons tiennent à la perte de plaisir ou de motivation : l’activité n’amuse plus (40 %), ne correspond plus à ce que l’enfant attendait (35 %), ou l’enfant veut simplement essayer autre chose (25 %). Les contraintes pratiques et le coût existent, mais ils pèsent surtout sur le choix de l’activité au départ, pas sur la décision d’arrêter en cours de saison.
Dans un club de tennis ou de padel, ce résultat pointe vers l’école, le groupe où l’effectif tourne le plus et où c’est un parent qui décide à la place de l’enfant. C’est là que se joue la plus grande part du non-renouvellement, avant la section adultes.
Ce qui prédit qu’un joueur reste
La recherche en psychologie du sport a une explication à cette perte de plaisir. Philippe Sarrazin et son équipe ont suivi 335 handballeuses pendant 21 mois et publié leurs résultats dans l’European Journal of Social Psychology : ce qui prédit l’abandon n’est pas le niveau de départ ni le temps d’entraînement, mais si la joueuse se sent autonome dans sa pratique, si elle perçoit ses propres progrès, et si elle se sent reliée à son équipe. Quand ces trois besoins sont satisfaits, la motivation tient sur la durée. Quand l’un d’eux manque, l’intention de partir se forme, puis se réalise.
Aucun des trois ne se répare avec un tarif plus bas ou un nouveau créneau. Ils se travaillent dans ce que le joueur vit sur le terrain et dans ce qu’on lui montre de ses propres progrès.
Rendre les progrès visibles
C’est là que la vidéo a un rôle net, distinct de la diffusion ou du direct : donner au joueur, ou au parent d’un enfant de l’école, une preuve de ses progrès plutôt qu’une impression. Chez FYLD, le coach marque les moments forts pendant la séance et les retrouve directement dans l’historique de la session, pour montrer un geste corrigé plutôt que de le décrire après coup. La recherche sur le feedback vidéo, détaillée dans cet article, va dans le même sens : ce n’est pas la caméra qui retient un joueur, c’est ce que le coach en fait pendant la séance.
Le taux de renouvellement global d’un club ne dit rien cette année : il est gonflé par le rattrapage post-Covid que décrit la courbe nationale. La question qui compte se pose groupe par groupe, en commençant par l’école, là où le décrochage se concentre. Demandez à chaque parent ce qui a manqué à l’enfant, pas ce que ça coûtait : les 700 parents interrogés par Ipsos répondent presque tous la même chose, et ce n’est pas la facture. Un des rares leviers qui touche directement ce manque-là, sans toucher au tarif, c’est ce que le joueur peut revoir de sa propre séance.